Opérer ou ne pas opérer ? Quand opérer ?

Une rupture du LCA ne nécessite pas forcément une intervention chirurgicale, d’autant plus que de nombreux patients retrouvent un genou quasi-normal quelques semaines après la rupture. Cependant, des épisodes d’instabilité peuvent survenir à la marche ou à la reprise du sport. La lésion n’est donc pas tolérée de la même manière chez tous les patients.

La décision chirurgicale doit tenir compte de plusieurs facteurs : l’âge, le mode de vie, le niveau sportif, l’importance de l’instabilité, les lésions associées, la capacité mentale à adhérer au programme de rééducation et de récupération sportive après l’opération.

Un patient peu sportif, ne présentant pas d’épisode d’instabilité et étant peu gêné dans la vie quotidienne n’a donc pas nécessairement besoin d’une reconstruction du LCA.

En revanche, l’instabilité chronique chez un patient jeune (<45 ans), plus ou moins sportif, risque d’engendrer des lésions méniscales puis cartilagineuses avec l’apparition d’une arthrose précoce, dans les 10 à 15 ans suivant la rupture. Dans ce cas, la reconstruction du LCA est plus volontiers envisagée.

Une lésion méniscale associée à la rupture du LCA incite également à envisager la ligamentoplastie du fait du risque d’aggravation et de blocages méniscaux. Dans ce cas, la lésion méniscale fait l’objet d’une réparation si possible ou d’une abstention thérapeutique (la stabilisation du genou par la ligamentoplastie permettra à la lésion méniscale de cicatriser)

Chez l’athlète, le but est de retrouver le niveau sportif précédant la lésion.

La décision doit donc se faire d’un commun accord entre le Chirurgien Orthopédiste et le patient, qui devra saisir et se soumettre totalement au programme de récupération après l’intervention en respectant les délais de reprise sportive.

En général, la chirurgie est entreprise après un délai de 6 semaines suivant le traumatisme, permettant la récupération, le dégonflement du genou et facilitant donc les suites de l’intervention. Elle peut également être pratiquée dès les premières semaines, voire dès les premiers jours, en cas de sportifs de haut ou de moyen niveau.

Il n’y a aucune urgence à l’intervention. En attendant, le sportif doit préserver son genou pour ne pas aggraver ou créer de lésions méniscales ou cartilagineuses. L’arrêt du sport est donc important.

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