Techniques chirurgicales modernes

Le but de la chirurgie est de réduire la clavicule afin de restaurer une bonne articulation (congruence) avec l’acromion et permettre la cicatrisation des ligaments rompus, en particulier des ligaments coraco-claviculaires. Cette cicatrisation ne peut être obtenue qu’en cas de réduction réalisée rapidement après le traumatisme, en période aiguë. On estime cette période à 3 à 4 semaines. Après cette durée, les chances de cicatrisation des ligaments sont réduites et la réduction seule n’est pas suffisante. On parle alors de luxation acromio-claviculaire chronique. Une ligamentoplastie (ou reconstruction du ligament) doit alors être associée à la réduction de l’articulation.

 

-        Réduction acromio-claviculaire.

De nombreuses techniques sont utilisées. La mise en place de broches acromio-claviculaires, permettant de maintenir l’articulation en position réduite, est l’une des techniques les plus anciennement utilisées. Les broches sont retirées après 6 à 8 semaines, temps nécessaire à la cicatrisation des ligaments lorsque la luxation acromio-claviculaire est prise en charge rapidement (au plus tard 4 semaines  après le traumatisme).

Le développement de l’Arthroscopie d’Epaule permet actuellement d’utiliser du matériel très résistant, sans nécessité d’être retiré, évitant donc une 2e intervention chirurgicale. Trois à quatre minimes incisions (moins d’1 cm) sont réalisées, permettant d’introduire une caméra (de la taille d’un crayon) dans l’espace sous-acromial afin de réduire la clavicule et de la maintenir à l’apophyse coracoïde, qui est située juste en dessous, en avant de l’omoplate. Un système de fixation hyper-résistant associant 2 boutons métalliques (double Endo-bouton) et des câbles solides est utilisé.

La technique est très efficace et nécessite une réalisation précise et adaptée. Après l’introduction de la caméra, l’apophyse coracoïde est repérée en avant de l’omoplate, juste sous la clavicule. Un orifice de 4 mm est réalisé dans la clavicule et dans la coracoïde afin d’y introduire un câble ultra-résistant, maintenu au dessus de la clavicule et en dessous de la coracoïde par 2 boutons métalliques, permettant de maintenir l’articulation en position réduite.

Dans les cas de luxations acromio-claviculaires aiguës, cette simple réduction est suffisante. En revanche, dans les cas chroniques, anciens, des gestes complémentaires sont nécessaires, tels que la résection de l’extrémité latérale de la clavicule et une reconstruction des ligaments coraco-claviculaires qui ne peuvent plus cicatriser.

 

-        Résection de l’extrémité latérale de la clavicule + Ligamentoplastie de Weaver-Dunn

Dans les formes chroniques, anciennes de luxations, la réduction simple n’est pas suffisante. Il est nécessaire d’y associer, toujours par Arthroscopie, l’ablation de l’extrémité latérale de la clavicule (sur environ 1 cm) et une reconstruction des ligaments coraco-claviculaires en utilisant le ligament acromio-coracoïdien, qui se trouve tendu entre l’acromion et l’apophyse coracoïde (Ligamentoplastie de Weaver-Dunn). Celui-ci est sectionné à son insertion acromiale en le laissant fixé à la coracoïde. L’extrémité sectionnée et libre du ligament est alors refixée à la clavicule, ce qui permet, après cicatrisation, de pallier aux ligaments coraco-claviculaires rompus.

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