Dans quels cas opérer une luxation acromio-claviculaire ?

-        Luxation acromio-claviculaire aiguë

La décision d’opérer doit tenir compte de plusieurs paramètres : type de lésion (stades I à VI), activités du patient (sport, profession), délai de prise en charge (stade aigu ou chronique).

Les lésions acromio-claviculaires non déplacées (stades I et II) nécessitent simplement du repos avec une immobilisation par attelle coude-au-corps pendant 2 à 3 semaines, selon les douleurs. Les antalgiques (Paracétamol, Tramadol…), l’application de glace sont efficaces les premiers jours suivant le traumatisme. De la rééducation peut être utile après la période d’immobilisation afin de lutter contre la raideur et retrouver une épaule parfaitement souple.

En cas de luxation avérée (stades IV à VI), une stabilisation chirurgicale est préférable. Le risque, en cas d’absence de stabilisation chirurgicale, est la survenue de douleurs chroniques par la suite et l’incapacité à utiliser correctement son épaule (luxation acromio-claviculaire chronique).

Pour le stade III, le traitement chirurgical doit être discuté selon les activités professionnelles et sportives du patient. En cas d’activité avec utilisation fréquente des membres supérieurs, en particulier mouvements répétitifs, port de charges lourdes, mouvements au dessus des épaules, la stabilisation chirurgicale est recommandée. Sinon, une immobilisation simple permet un résultat largement satisfaisant. En cas de sport de contact à risque comme le rugby, la chirurgie peut être évitée du fait du risque important de récidive par la suite lors de nouvelles collisions.

En cas d’abstention chirurgicale, il est possible de tenter de réduire la clavicule en l’abaissant et en la maintenant avec un bandage de type Elastoplaste® ou à l’aide d’anneaux claviculaires. Mais ceci ne permet pas, la plupart du temps, d’obtenir une réduction durable. Un certain degré de subluxation peut donc persister par la suite, sans toutefois engendrer nécessairement une gêne ou des douleurs.

-        Luxation acromio-claviculaire ancienne, chronique

Une luxation acromio-claviculaire aiguë non opérée initialement peut être bien tolérée par la suite, notamment chez les personnes peu actives, utilisant peu leurs épaules dans leurs activités professionnelles ou sportives. Des séquelles peuvent toutefois survenir à plus ou moins court terme, en particulier des douleurs liées à l’instabilité de la clavicule et à sa saillie sous la peau, (surtout chez le sujet maigre), une perte de l’amplitude articulaire et de la force par lésion musculaire de la chape delto-trapézienne. On parle alors de luxation acromio-claviculaire chronique. Il n’y a pas de réelle corrélation entre l’importance de la déformation et les séquelles qui peuvent survenir par la suite. Lorsque les douleurs se manifestent à long terme, elles traduisent souvent l’évolution vers une arthrose acromio-claviculaire (qui peut également être la conséquence d’une simple entorse stade I ou II).

Une luxation acromio-claviculaire chronique symptomatique peut donc nécessiter un traitement chirurgical qui est différent que pour une une forme aiguë.

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